Entête SFO

Le Centre de logistique de Grolley face aux défis du DEVA

Au premier janvier 2018, nous devons tous être prêts pour la transition vers le développement de l’armée (DEVA). Déjà, les premières nominations des officiers généraux des Grandes Unités ont été promulguées et plus récemment les subordonnés directs du Chef de l’Armée. Cependant, un énorme travail sur le terrain reste à faire au sein de la Base logistique de l’armée (BLA), notamment au Centre logistique de Grolley (CLA-G). Les nouveaux processus liés au DEVA sont mis en place avec tous les défis à surmonter entre la planification et les engagements opérationnels.

L’un des nouveaux défis concerne le domaine de la mise à jour des magasins de matériel à longue durée (LAAB). Bon nombre d’entre eux datent de l’Armée 61, avec toute la problématique de la gestion administrative qui en découle puisque les systèmes informatiques ont évolué. Il a donc été décidé d’adapter l’état d’équipement de base (EEB) des écoles de recrues, des corps de troupes ainsi que des LAAB. Concrètement, cela signifie que le centre logistique a dû planifier différentes redditions de matériel (rétablissement de la disponibilité du matériel, REDIMA) sur l’année 2017 pour profiter de la main d’œuvre des écoles de recrues comme ressources afin d’éviter une concentration en fin d’année. Les inventaires de ces magasins doivent être contrôlés préalablement par la troupe. Par la suite, le CLA-G contrôle ce matériel et reprend la marchandise dans son système d’exploitation. Sur la base de l’EEB, le centre logistique recommande du matériel afin de livrer la nouvelle dotation auprès des les écoles selon un processus discuté et planifié.

Tous ces changements ont des similitudes avec un système que nous avons déjà connu sous Armée 61. Adapté à de nouvelles exigences informatiques et logistiques, ce modèle est à nouveau axé sur une disponibilité accrue d’une partie de l’armée en cas de besoin. Une des premières démarches a été l’étude de faisabilité pour prendre en charge des troupes de milice à disponibilité élevée (MADE) attribuées aux centres logistiques. Cela implique que les centres logistiques aménagent des loges pour l’entreposage du matériel, qui doit être disponible dans un délai rapide après le déclenchement de l’ordre d’engagement.

L’organisation de la mobilisation, qui est un élément essentiel du nouveau modèle de dispo­nibilité, devra faire l’objet d’un entraînement intensif dans les cours de répétition à partir de 2018. La troupe et les cadres connaîtront leurs interlocuteurs ainsi que les procédures à suivre sur les places de mobilisation et dans les centres logistiques de l’armée, ce qui favorise un ancrage régional. Le nouveau système sera entièrement opérationnel à par­tir de 2021.

Une phase d’instruction pour la mobilisation est à planifier selon deux modèles de troupes (type A et type B), en référence à l’ordre du Commandement des opérations. Les formations de type A sont orientées sur des relations directes entre le centre logistique de l’armée et le corps de troupe. Pour les formations de type B, l’orientation de la mobilisation s’effectue sous l’égide de plusieurs partenaires : la division territoriale, la place d’armes, le centre logistique de l’armée et le corps de troupe. En l’état actuel, le CLA-G dispense une instruction d’un jour par corps de troupe en collaboration avec l’Etat-major de l’armée pour l’initialisation du processus de mobilisation. Une telle instruction sera également dispensée aux Grandes Unités et aux divisions territoriales dans le courant du premier semestre 2017.

Le fait que les bataillons logistiques (type B) soient attribués aux centres logistiques signifie qu’ils seront le pilier opérationnel pour une livraison de plusieurs corps de troupes sur les premiers jours de mobilisation. En préambule à l’introduction du DEVA, des exercices sur 72h entre le CLA-G et le bataillon logistique 21 ont déjà été réalisés afin de tester la coordination entre les partenaires. Avec la régionalisation des troupes au sein de la division territoriale, qui sera complètement opérationnelle à partir de 2019 pour le CLA-G, l’esprit de corps sera renforcé entre les partenaires par une connaissance des interlocuteurs et des moyens mis à disposition. Ce partage de connaissances nécessite également une planification de la formation des collaborateurs afin de répondre aux exigences techniques liées aux troupes attribuées. Une des contraintes relatives à ces restructurations est la perte momentanée ou définitive de certains types de troupes, notamment les bataillons d’aide en cas de catastrophe et d’infanterie, d’où une certaine frustration quant à l’abandon du savoir au sein de la maintenance. L’arrivée d’un bataillon de génie (troupe de milice à disponibilité élevée, MADE) sur le site de Romont nous offre de nouvelles perspectives de formation pour nos collaborateurs et l’opportunité d’acquérir de nouvelles compétences techniques.

Dans le cadre de la nouvelle formation des cadres militaires, avec l’accomplissement complet de l’école de recrues et un paiement de galon dans une école de recrues accomplie en intégralité, les Centre logistiques de l’armée pourront compter sur une expérience de conduite dans le cadre de la mobilisation. Du côté des centres logistiques, des formations pratiques sont mises sur pied à l’intention des sergents-majors et des chefs de matériel pour compléter leurs connaissances quant à la gestion administrative des documents.

Ce que nous constatons, c’est qu’une collaboration et une fructueuse coordination entre les différents domaines – Etat-major de l’armée, Etat-major de conduite de l’armée, Forces terrestres, Forces aériennes, Formation supérieure des cadres, Base d’aide au commandement, BLA – est indispensable pour la future implantation de la nouvelle armée. La phase de l’action se met en place de manière soutenue : depuis la fin de l’année passée, au sein de la BLA, des workshops de deux jours sont planifiés chaque mois pour consolider la planification et la coordination des partenaires. Pour les centres logistiques, cela signifie un travail de transfert à réaliser afin de tenir les délais par des séances de coordination entre les domaines et départements du CLA-G.

Le CLA-G profite de ce changement pour consolider l’efficience et l’efficacité de son système de management par le renouvellement de la certification EFQM (European Foundation for Quality Management) en vue d’obtenir la reconnaissance pour l’excellence R4E, afin de disposer d’un outil opérationnel pour augmenter la productivité et la compétitivité, tout en tenant compte des restructurations liées au DEVA. C’est une véritable motivation qui stimule les cadres et les collaborateurs afin de montrer notre capacité face aux changements et d’atteindre le but avoué selon notre vision : « Nous, le CLA-G, sommes la meilleure référence de la BLA ».

Nous sommes tous concernés par ce changement : c’est par une communication claire et la volonté de sortir de notre confort que nous pourrons réaliser dans les délais ces changements en vue de l’introduction du DEVA. Et comme l’a dit récemment notre Chef de l’Armée : « Just do it ! »

Lt col Pierre-Alain Scherly
Vice-Président SFO

 

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